Le temps qu’il fait à Bruxelles   Le temps de Bruxelles :

Dominique Meeùs
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À Meyer et Vogt

Und das Wichtigste ! Alle industriellen und kommerziellen Zentren Englands besitzen jetzt eine Arbeiterklasse, die in zwei feindliche Lager gespalten ist, englische proletarians und irische proletarians. Der gewöhnliche englische Arbeiter haßt den irischen Arbeiter als einen Konkurrenten, welcher den Standard of life herabdrückt. Er fühlt sich ihm gegenüber als Glied der herrschenden Nation und macht sich eben deswegen zum Werkzeug seiner Aristokraten und Kapitalisten gegen Irland, befestigt damit deren Herrschaft über sich selbst. Er hegt religiöse, soziale und nationale Vorurteile gegen ihn. Er verhält sich ungefähr zu ihm wie die poor whites zu den niggers in den ehemaligen Sklavenstaaten der amerikanischen Union. Der Irländer pays him back with interest in his own money. Er sieht zugleich in dem englischen Arbeiter den Mitschuldigen und das stupide Werkzeug der englischen Herrschaft in Irland.

Dieser Antagonismus wird künstlich wachgehalten und gesteigert durch die Presse, die Kanzel, die Witzblätter, kurz, alle den herrschenden Klassen zu Gebot stehenden Mittel. Dieser Antagonismus ist das Geheimnis der Ohnmacht der englischen Arbeiterklasse, trotz ihrer Organisation. Er ist das Geheimnis der Machterhaltung der Kapitalistenklasse. Letztre ist sich dessen völlig bewußt.

Ce qui est primordial, c’est que chaque centre industriel et commercial d’Angleterre possède maintenant une classe ouvrière divisée en deux camps hostiles : les prolétaires anglais et les prolétaires irlandais. L’ouvrier anglais moyen déteste l’ouvrier irlandais en qui il voit un concurrent qui dégrade son niveau de vie. Par rapport à l’ouvrier irlandais, il se sent membre de la nation dominante et devient ainsi un instrument que les aristocrates et capitalistes de son pays utilisent contre l’Irlande. Ce faisant, il renforce leur domination sur lui-même. Il se berce de préjugés religieux, sociaux et nationaux contre les travailleurs irlandais. Il se comporte à peu près comme les blancs pauvres vis-à-vis des nègres dans les anciens États esclavagistes des États-Unis. L’Irlandais lui rend avec intérêt la monnaie de sa pièce. Il voit dans l’ouvrier anglais à la fois un complice et un instrument stupide de la domination anglaise en Irlande.

Cet antagonisme est artificiellement entretenu et développé par la presse, le clergé et les revues satiriques, bref par tous les moyens dont disposent les classes dominantes. Cet antagonisme est le secret de l’impuissance de la classe ouvrière anglaise, malgré son organisation. C’est le secret du maintien au pouvoir de la classe capitaliste, et celle-ci en est parfaitement consciente.

Wat fundamenteel is, is dat elk industrieel en commercieel centrum in Engeland nu een arbeidersklasse bezit, die in twee vijandige kampen verdeeld is, Engelse proletariërs en Ierse proletariërs. De gewone Engelse werknemer verafschuwt de Ierse werknemer in wie hij een concurrent ziet die zijn levensniveau omlaag haalt.
[…]
Hij koestert religieuze, sociale en nationale vooroordelen tegen hem.
[…]
 
 

[…]
Dit antagonisme is het geheim van de onmacht van de Engelse arbeidersklasse, niettegenstaande haar organisatie. Het is het geheim van hoe de kapitalistische klasse haar macht weet te behouden, en die is zich daar terdege van bewust.

And most important of all! All industrial and commercial centres in England now have a working class divided into two hostile camps, English proletarians and Irish proletarians. The ordinary English worker hates the Irish worker as a competitor who forces down the standard of life. In relation to the Irish worker, he feels himself to be a member of the ruling nation and, therefore, makes himself a tool of his aristocrats and capitalists against Ireland, thus strengthening their domination over himself. He harbours religious, social and national prejudices against him. His attitude towards him is roughly that of the poor whites to the niggers in the former slave states of the American Union. The Irishman pays him back with interest in his own money. He sees in the English worker both the accomplice and the stupid tool of English rule in Ireland.

This antagonism is kept artificially alive and intensified by the press, the pulpit, the comic papers, in short by all the means at the disposal of the ruling class. This antagonism is the secret of the English working class’s impotence, despite its organisation. It is the secret of the maintenance of power by the capitalist class. And the latter is fully aware of this.

Karl Marx, « an Sigfrid Meyer und August Vogt in New York », London, 9. April 1870, MEW, 32:668-669 Archive Internet des marxistes. Cité par Mary Gabriel dans une interview par David Pestieau, « Liefde en kapitaal, gisteren en vandaag », Lava 3, 22-12-2017 sur le site de Lava. Cité aussi dans Maxime Vancauwenberge, « Ja, er is een alternatief voor het asielbeleid van Francken », 12-1-2018, sur le site du PTB. Je reprends de ces deux traductions qui ne se recouvrent pas entièrement. Karl Marx, « to Sigfrid Meyer and August Vogt in New York », London, 9 April 1870, MECW 43:474-475.

On a ici un tableau général, mais, dès octobre 1869, Marx reconnaît dans une manifestation de 100 000 personnes à Londres pour l’Irlande le signe objectif qu’une partie de la classe ouvrière anglaise est capable de dépasser son préjugé contre les Irlandais.

Dominique Meeùs . Date: 1999-2018