Dominique Meeùs
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Difficultés de traduction et « faux amis », du néerlandais en français

aandachtspunt

C'est évidemment un point à surveiller, auquel il faut être attentif, prêter une attention particulière (et la traduction peut aller dans ce sens), mais je soupçonne qu'en néerlandais c'est une expression toute faite, inanalysée. Ce pourrait parfois être une préoccupation.

aanpakken

Très beau verbe transitif, pas d’équivalent immédiat. Essayer, selon le contexte : aborder, approcher, s’attaquer à, prendre en mains. Ce qui est visé, ce peut être la manière, donc comment s’y prendre ; si c’est une question : comment t’y es-tu pris ?, comment as-tu fait ?, comment vas-tu t’y prendre ?, comment vas-tu faire ?

aanpak

Voir le verbe. Parfois approche convient, ou la manière d’approcher, la manière d’aborder un problème, manière de faire, ce qui peut être manière tout court (« il y a la manière »). Il faut souvent passer par une locution verbale. Penser aussi à angle d’attaque. Je trouve abord chez Patrice Debré dans son Monod.

achterban

Arrière-ban, « nos propres troupes », camp, base… à étudier

achtergrond

Littéralement arrière-plan, contexte, mais au figuré il s’agit de remonter jusqu’aux causes profondes, par opposition à un vision superficielle. Ainsi c’est parfois beaucoup plus que le contexte, plutôt le fond de l’affaire. (Voir diepgang — on atteint une profondeur abyssale en parlant de « achtergrond en diepgang ».)

afbakenen

Afbakenen, c’est délimiter, jalonner, baliser, borner. Mais c’est donc aussi marquer la séparation et zich afbakenen van se traduit parfois bien par se démarquer de.

afspraak

convention, arrangement, accord, rendez-vous

afspreken

arranger, fixer, se concerter, convenir d’un rendez-vous, d’un arrangement.

bekampen

Très beau verbe transitif, pas d’équivalent immédiat. Essayer, selon le contexte :

combattre, faire barrage à, s’attaquer à

betrekken

Concerner, sensibiliser. Une fois, embarquer était assez bien venu. Voir inschakelen.

bewust

Il m’arrive souvent de trouver des contextes ou consciemment cloche parce qu’on ne peut imaginer un instant qu’on y ait pu agir inconsciemment. Il m’a fallu du temps avant de trouver à dessein, volontairement. Mais cette nuance de libre arbitre est peut-être présente en français aussi quand on dit faire quelque chose consciemment.

Plus récemment, dans un contexte plutôt négatif, alors que ma conscience ne me proposait rien qui me satisfasse, surgissant d’à côté de ma conscience, d’autres neurones m’ont subitement proposé1 délibérément. Venant du camp des mauvais, een bewuste zet est un acte qui n’est pas innocent, mais au contraire délibéré.

biljet

Voir kaart.

bruisend

Littéralement pétillant, mais à connotation auditive, le bruit du pétillement : bruissant (mais c’est une rencontre accidentelle, pas étymologique malgré un semblant de parenté).

Se dit en néerlandais d’une fête, mais la traduction littérale ne convient pas toujours. Il n’est pas interdit de dire d’une fête qu’elle est pétillante, mais il faut penser aussi à animée, joyeuse, dynamique, vivante. Le TLFi donne brillant, chatoyant, étincelant, flamboyant, rayonnant, scintillant. Pourrait-on dire Foisonnant, dans certains contextes ? S’il s’agissait du contenu, on pourrait parler de bouillonnement d’idées, mais pour l’ambiance, elle est plutôt animée.

centraal stellen

Donner à cette chose une place centrale.

centrumstad

Ce n’est pas une ville centrale, par opposition à une ville frontalière, par exemple ; ce n’est pas une ville située au centre de quoi que ce soit, mais une ville qui joue un rôle de centre ; c’est un terme technique de géographie urbaine pour désigner une ville qui constitue un pôle d’attraction : par la présence d’administrations ou de commerces, elle attire des gens non seulement des villages avoisinants, mais même d’autres villes voisines, même plus importantes en population. Il ne s’agit donc pas de dimension mais de fonction. On pourrait dire que centrumstad s’oppose à ville (sans plus) un peu comme bourg s’oppose à village. Je ne connais pas de terme comparable en géographie urbaine en français.

Le plus court (plus court que la longue explication qui précède) serait l’apposition ville pôle d’attraction, mais c’est déjà fort lourd. On pourrait parfois se contenter de ville principale, ville importante, ville d’importance régionale. On pourrait parfois aussi écrire tout simplement un centre.

Il faut se demander aussi si l’auteur sait de quoi il parle ou s’il écrit centrumstad pour faire bien. Ce pourrait être un tic.

concept

Faux ami. Traduire par le « concept » du français (au sens où on dit « le concept de chien n’aboie pas ») est généralement assez mauvais, à côté de la plaque. Au sens premier en néerlandais il s’agit d’un projet de texte, d’un texte provisoire : un concept ou concepttekst c’est un ontwerptekst. C’est aussi un brouillon manuscrit que l’on fixe à côté de son écran d’ordinateur sur un concepthouder pour le recopier au clavier.

Certains auteurs se permettent de l’étendre aux premières étapes de la conception d’une œuvre, d’un projet. (J’ai même cru un temps que concept dérivait de concipiëren, mais le van Dale fait dériver concipiëren de concipere en latin et concept de concept en français sans lien entre les deux. Mais ce lien existe peut-être dans l’esprit des locuteurs qui créent cette acception étendue du concept.) De brouillon, cela devient ainsi le contenu qu’on veut y mettre, les objectifs, les grandes lignes du projet, l’esquisse, le plan, la conception d’ensemble. Je l’ai vu même utiliser à propos de nouvelles technologies dans le sens de prototype : « een basisconcept is al gedemonstreerd ». D’un brouillon de texte, on passerait à un « brouillon » de chose. Ces acceptions de concept ne sont dans aucun dictionnaire néerlandais que je connaisse et même la page Concept de Wikipedia en néerlandais, qui doit être plus moderne que moi, ne va pas beaucoup au-delà de brouillon.

Essayer, selon le contexte :

brouillon,

projet, avant-projet, esquisse, plan, objectif(s), objectif général, conception, idée, idée de base, idée d’ensemble, vision, intention, « philosophie » du projet,

prototype.

Dans Le Soir du 19-2-2010, p. 8, on apprend que la fusion des universités catholiques belges est reportée d’un an parce qu’ « il faut encore approfondir la vision de cette nouvelle université », disent les recteurs. (Ou « prendre le temps d’approfondir la vision », selon La Libre Belgique du même jour.)

Il est clair que dans beaucoup de textes on n’est plus du tout dans une recherche, un brouillon, un avant-projet, mais qu’il s’agit de quelque chose d’achevé, de défini, de stable, pour laquelle on pourrait parfois utiliser

modèle.

Cependant, l’extension du sens premier néerlandais, qui est probablement aussi un des sens de concept dans un certain anglais, fait son chemin en français comme « concept » dans le jargon de la publicité ou de la gestion de projets, comme en témoigne le Grand dictionnaire terminologique. Je suis peut-être trop rigide. Je le vois utiliser aussi pour principe de fonctionnement, mode d’action dans une technique : dans la page Podcasting sur Wikipedia en français, il y a un sous-titre « Le concept ». Par contre, cette acception reste ignorée d’un dictionnaire de langue plus classique comme le TLFi. Je ne sais pas ce que le lecteur francophone moyen — pas spécialement frotté à la publicité ou à la gestion de projets — comprend si on traduit concept par « concept ». Je continue donc à penser qu’il faut s’efforcer de trouver une autre traduction. De manière générale, lorsqu’un mot est utilisé pour tout et n’importe quoi, il ne veut plus dire grand chose.

Cependant concept en néerlandais peut quand même aussi être utilisé parfois pour begrip, donc ce peut être au sens philosophique du « concept » du français.

diepgang

Littéralement c’est le tirant d’eau. Au sens figuré, c’est la profondeur de la pensée profonde (voir achtergrond — on atteint une profondeur abyssale en parlant de « achtergrond en diepgang »).

diep ingebakken

profondément ancré

dweilen met de kraan open

Essuyer le sol lorsqu’un robinet est ouvert n’est pas en français une expression consacrée. C’est, comme vider la mer avec une petite cuillère dans un trou dans le sable (légende médiévale sur un enfant que saint Augustin aurait rencontré), une tâche sans fin. C’est aussi une méthode inefficace et cette inefficacité pourrait être rendue par un emplâtre sur une jambe de bois ; il semble que ce soit la solution la plus souvent adoptée, mais cette traduction perd la connotation de sans fin. J’ai vu aussi un combat sans issue. On pourrait dire que c’est peine perdue. C’est aussi traiter les symptomes sans s’attaquer à la cause, le contraire de traiter, d’attaquer le mal à la racine, de prendre le problème à la racine.

fijnmazig

Littéralement à fines mailles. Un filet à fines mailles laisse moins de petits poissons échapper. Se dit au figuré d’un dispositif social, administratif, de proximité… dont le maillage est assez fin pour ne laisser tomber personne ou presque, mais je n’ai pas encore trouvé de solution simple pour dire ça en français. Il me semble que dans le social on parle parfois de maillage et ça pourrait être une piste. Le maillage social peut être plus ou moins serré, densément tissé… ou au contraire trop lâche. Mais le maillage social vise sans doute plus les relations entre les gens que les dispositifs.

fuif

Les expressions surprise parties, surboum et autres boum sont depuis longtemps obsolètes (me dit-on), mais ne semblent pas avoir été remplacées. Utiliser soirée avec une indication (dépendant du contexte) qui suggère qu’on pourrait danser, ou une périphrase :

soirée DJ

Le soir, on dansera

gebakken lucht

En français du vent tout court, c’est simplement creux, sans contenu (comme « hot air » en anglais) et ça correspond assez bien à gebakken lucht. On dit aussi gebakken lucht verkopen, qui pourrait vouloir dire simplement « raconter n’importe quoi », comme vendre du vent, mais peut-être parfois avec une dimension supplémentaire de tromperie, d’escroquerie intellectuelle.

gelijke rechten

Égalité des droits. On trouve aussi en français droits égaux, mais c’est nettement moins bon, pour ne pas dire mauvais. Pour parler d’égalité des droits, on utilise « droits égaux » pas beaucoup plus d’une fois sur cent dans le monde en général, ou en France. C’est par contre une fois sur six en Belgique, une fois sur quatre au Canada ou en Suisse. Cela me donne à penser que droits égaux s’introduit en français de Belgique par contamination du néerlandais, par des traductions fainéantes. En anglais on dit equal rights une fois sur deux au Royaume-Uni (dans le total avec equality of rights) et une fois sur trois en général. Je ne connais pas vraiment l’allemand ; je trouve la forme substantive Gleichberechtigung, peut-être une expression savante, mais deux fois plus répandue que gleichen Rechte et Gleichheit der Rechte, qui sont à égalité.

Il ne faut jamais oublier que la langue est affaire d’usage avant que de logique. Cependant, outre les considérations ci-dessus que droits égaux est près de cent fois moins utilisé, que serait une contamination du néerlandais, il me semble qu’on serait en droit de dire que c’est intrinsèquement plus mauvais. Droits égaux ne veut rien dire. Ce qu’on veut ce sont les mêmes droits. L’égalité des droits n’est pas logique non plus, mais c’est un raccourci acceptable pour l’égalité des personnes en matière de droits.

(het) gepolder

Utilisé partout, défini nulle part. (Mais les deux premiers alinéas de http://www.binnenlandsbestuur.nl/opinie/columns/2009/geen-gepolder-in-de-polder.112001.lynkx sont assez explicatifs.) En attendant, je pense que c’est lié au poldermodel dans le sens de concertation, de conciliation et que le gepolder ou le verbe polderen visent le « dialogue » pour la frime, le blabla dans lequel les parties se complaisent sans jamais déboucher sur rien.

gezellig

Parlant d’une fête, il s’agit de sociabilité, du plaisir d’être ensemble. Difficile de trouver en français un adjectif pour ça ; chaleureux ?

’s Gravesande

Comparer (opposer) t’Serclaes. Il s’agit d’une question d’orthographe, pas de traduction, mais je le note quand même ici pour ne pas l’oublier.

L’apostrophe vient devant le s, pas entre le s et le nom. Il s’agit d’une élision de des : [de]’s Gravesande. Il faut donc bien écrire ’s Gravesande en français aussi.

grote namen

Essayer, selon le contexte :

spectacles, concerts… têtes d’affiche ; conférences, débats… invités de marque, personnalités

inhoudelijk

Adjectif pour ce qui concerne le contenu. Cela peut vouloir dire quant au fond (par opposition à la forme). On l’utilise aussi (peut-être abusivement), de manière absolue, hors de toute référence à quelque contenu que ce soit, comme attribut de ce qui a du contenu (par opposition à quelque chose de plus superficiel). Cela veut dire alors riche en contenu, dense, consistant, profond.

inleveren

Se sacrifier, se serrer la ceinture… à étudier

inschakelen

Nombreux sens dont celui de mettre au travail. Penser à impliquer, engager, mobiliser, parfois aussi mettre en branle. Voir aussi betrekken.

inzet

Littéralement, c’est d’abord la mise à prix en vente publique, puis la mise, l’enjeu dans un jeu d’argent. C’est au figuré l’enjeu, l’importance de ce qui est en jeu, dans différents contextes autres que le jeu. Mais c’est aussi la mesure dans laquelle on se met personnellement en jeu donc l’effort, l’implication, l’engagement ; un peu dans la ligne de payer de sa personne.

kaart

Je trouve dans le van Dale sous le 3 « bewijs van toegang, syn. entreekaart, toegangskaart : deze kaart geeft toegang tot alle gebouwen van de tentoonstelling ; heb je al kaarten voor het concert van vanavond ? ». En français, il semble que, comme dans carte de membre, on n’utilise carte que dans un lien d’une certaine permanence, pas pour un droit d’entrée unique. Dans le TLFi, je trouve assez loin dans un article carte détaillant de très nombreux sens, sous III.C.2.b) [Délivrée par un organisme privé] Carte d’abonnement (au concert, au théâtre, etc.) ; carte de fidélité ; carte de réduction… carte de crédit. On dit cependant, carte d’entrée pour un usage unique. Mais carte tout court n’est pas synonyme de ticket ou de billet et n’est pas une bonne traduction de kaart dans ce sens.

On dit un billet de tombola, un billet d’avion (mais de plus en plus, on vend les vols sans billet), un billet de chemin de fer. On vend des billets de théâtre ou de concert à la billetterie. Dans le TLFi, la définition de ces billets utilise le mot ticket. Inversément, la définition de ticket utilise billet. Dans le temps, on prenait un ticket de tram, mais une carte de tram pour plusieurs voyages. Quant aux tickets et billets, il me semble, mais c’est peut-être tout à fait personnel, que le ticket est plus petit. Entre un ticket de métro parisien et un billet d’avion, il y a une différence de surface marquée. Cela tient aussi au fait que le billet d’avion comporte plus d’informations écrites, dont le nom du voyageur. Il me semble donc qu’on utilise billet dans des usages plus nobles que ticket. Cela correspond plus ou moins à biljet et à ticket en néerlandais, encore que le van Dale donne ticket dans certains usages comme belgicisme par gallicisme.

Le problème ne se pose pas si l’événement est bilingue. On adopte alors le choix, bon ou mauvais, des organisateurs dans la vente des billets, cartes d’entrés, tickets…

kadert in

s’incrit dans

s’incrit dans le cadre de

Surtout pas, ô horreur ! « cadre dans ».

knelpunt

Un goulet d’étranglement. Parfois, le nœud du problème.

koepel

Pour un bâtiment :

coupole

Coupole est en fait l’étymologie de koepel. En néerlandais, koepel a aussi le sens figuré d’une organisation qui en chapeaute d’autres. (Si on devait traduire le verbe overkoepelen dans ce sens, chapeauter serait excellent parce que donnant à la fois le sens et une image proche. Une coupole est en quelque sorte un chapeau.) Je ne conteste pas qu’on trouve des textes qui parlent de « coupole » dans ce sens à propos d’une organisation, mais je suppose que c’est par contamination du néerlandais (à première vue on ne trouve avec Google de « coupoles » en contexte associatif que dans des pages belges) et je ne pense vraiment pas que cela constitue déjà un nouvel usage reçu. Certains lecteurs indulgents pourraient l’admettre comme belgicisme. D’autres, plus exigeants ou moins Belges de culture, le prendront comme ridicule ou incompréhensible. Il me semble qu’on doive le condamner, ne traduire en aucun cas par coupole et traduire plutôt par

coordination, coalition,

ou une périphrase avec l'idée de structure fédérative.

On trouve association faitière, que le TLFi donne comme propre à la Suisse romande. J’ai vu aussi ombrelle pour une association, mais une telle acception de ce mot semble ignorée des dictionnaires. Ce pourrait être un anglicisme pour umbrella.

La traduction la plus précise est en deux mots : organisation faîtière ; cela dit exactement ce que ça veut dire, mais c’est plus lourd. (On rencontre aussi, substantivement, faîtière tout court.)

kort op de bal spelen

saisir la balle au bond.

met name

Tantôt à savoir, tantôt notamment.

middenveld

Le monde associatif, parfois considéré comme un prolongement de l’autorité publique, qui fait en un sens l’intermédiaire (midden), le tampon entre l’État et le citoyen, entre l’État et la société civile, ou qui supplée aux insuffisances de l’État sur le plan de l’aide aux gens, ou qui représente la société civile face à l’État (à creuser).

Il existe des choses intraduisibles, mais qui ont des homologues, qui, sans vouloir dire la même chose, occupent la même place. Entendant quelqu’un dire en français « les organisations de la société civile », j’ai pensé qu’un Belge néerlandophone aurait dit là le « middenveld », même si ça ne veut pas dire la même chose.

momenteel

En français, j'entends (peut-être à tort) dans momentanément une connotation de provisoire, même d'insuffisant (en attendant mieux, ça devrait changer bientôt) qui ne me semble pas présente dans l'usage en néerlandais. Il me semble qu'il faut traduire plutôt (ou du moins plus souvent) par actuellement.

(de) olifant heeft een muis gebaard

la montagne a accouché d’une souris

Cette image apparaît dans la fable La Montagne qui accouche de La Fontaine. Horace l’aurait utilisée sous une forme légèrement différente. Ne pas mettre d’éléphant dans la traduction en français.

onderbouwen, onderbouwd, onderbouwing

Ce ne parait pas être un mot particulièrement difficile, mais au sens figuré qui est celui où on le rencontre dans des textes qui ont peu à voir avec le bâtiment, il faut aussi prendre les fondations au figuré. Je n’ai pas trouvé tout de suite que parfois

étayer, étayé

venaient particulièrement bien.

ondertussen

On peut penser à entre-temps. Mais il arrive aussi qu’entre-temps ne convienne absolument pas. J’en ai vu de ridicules ou absurdes. Essayer alors selon le cas :
depuis
en son temps

Les adverbes entre-temps et ondertussen visent ce qui s’est passé, se passe ou va se passer dans un intervalle de temps entre deux moments indiqués dans le texte ou par le contexte. En néerlandais, je vois assez souvent ondertussen se référer à un unique moment passé. Le second moment serait implicitement le présent. C’est du mauvais néerlandais. Il faudrait sindsdien et le traducteur n’est pas obligé de traduire la faute. C’est le cas où il faut traduire depuis et non entre-temps.

Un cas peut-être plus acceptable d’intervalle implicite, c’est celui où on attend, pour commencer quelque chose, qu’une condition se réalise. Les deux moments implicites sont le présent, ou le moment passé où on aurait voulu commencer, et la réalisation de la condition. On sera donc amené à faire autre chose en attendant, dans l’intervalle, ondertussen, entre-temps.

onder vuur

J’ai vu traduire « sous le feu » ou « sous les feux », mais il me semble que ça ne veut rien dire. Je traduirais plutôt par sous le feu de la critique, attaqué, menacé. Sous les balles de l’ennemi dans un contexte plus guerrier.

ook

Penser à traduire parfois par d’ailleurs plutôt que « aussi ».

Er was een risico […] Het is ook gebeurd donne […] C’est d’ailleurs arrivé.

Une autre possibilité peut être le aussi initial : Aussi, c’est arrivé. Certains auteurs mettent des ook à toutes les phrases. La meilleure traduction, c’est alors d’en laisser tomber la plus grande partie.

optreden

Intervention, apparition en scène, performance en anglais, mais je ne trouve pas en français de bon équivalent, valable à la fois pour le discours, le théâtre, la musique…

rechtelijk, rechterlijk

Attention les deux existent, ce n’est pas une faute de frappe. Le premier adjectif qualifie ce qui a trait à la justice, à la légalité, tandis que le deuxième ce qui a trait au juge.

rond

Rond veut dire « autour » (au sens propre) et par extension « dans les environs » ou « à peu près », et rien d’autre selon le gros van Dale et un certain nombre d'autres dictionnaires. On trouve cependant rond dans le sens de « sur », « concernant », « à propos de », et le Hedendaags Nederlands de van Dale et d'autres admettent cet usage.

La situation est la même en français : c'est un usage qu'on peut regretter mais qui est attesté. Je comprends mal les gens qui ne peuvent plus examiner une question, discuter d’un problème, décider de quelque chose, mais seulement « autour » de quelque chose. C’est tourner autour du pot. J’ai même vu des constructions comme « revendications autour de l’emploi ». Plus faible que ça tu meurs. Lutter « autour » de quelque chose, c’est lutter à côté de la plaque.

Comme j'aime cet usage d'autour encore moins que celui de rond dans le même sens, je ne traduirais pas rond par autour mais par sur, concernant, à propos de

L'usage d'autour pourrait se justifier pour dire autre chose que sur. Ainsi, par exemple, un débat autour d'un livre ne serait pas un synonyme (discutable) de débat sur le livre, mais, à partir du livre, sur la question dont le livre traite. « Autour d'une question » voudrait dire sur cette question et sur tout ce qui gravite autour.

ruimte

Ce peut être en un sens figuré, comme la possibilité ou l’autorisation de naître ou de se développer. On pourrait penser à une latitude ou à de la marge ou à faire place à.

t’Serclaes, t’Serstevens

Comparer (opposer) ’s Gravesande. Il s’agit d’une question d’orthographe, pas de traduction, mais je le note quand même ici pour ne pas l’oublier.

L’apostrophe vient entre le t et le nom, pas devant le t. Il s’agit d’une élision (retenant le d et pas le s) de des : d’[e]s heer Claes, où le d s’est durci en t. (C’est à tort qu’on pense parfois que ça viendrait de het Serclaes élidé en [he]’t Serclaes avec l’apostrophe devant le t.) De même d’[e]s heer Stevens a donné t’Serstevens. Il faut donc bien écrire t’Serclaes et t’Serstevens en français aussi.

met een sisser aflopen

tourner court, en eau de boudin

sneukeltocht

J’avais pensé à quelque chose comme « rallye aux friandises », mais je vois que quelqu’un d’autre a eu une meilleure idée. (« Rallye » désigne généralement une compétition ou un jeu relativement formalisés. Sneukeltocht n’implique aucun effort.)

balade gourmande

Attention que la balade est une promenade et la ballade un poème ou une chanson.

ticket

Voir kaart.

toeters en bellen

Fait penser à bells and whistles, mais l’expression peut être plus ancienne en néerlandais (et s’utilise parfois aussi au sens propre, comme en anglais d’ailleurs, où elle pourrait être d’origine ferroviaire). Je ne trouve pas d’expression imagée équivalente en français mais une traduction potable serait

fioritures

On pourrait parler de gadgets (si c’est dans le sens fioritures inutiles, comme on le dit beaucoup dans le monde du logiciel), ou de grand tralala, en fanfare, si c’est plus dans le sens propre d’avec grand bruit.

uitgangspunt

Malgré le lien formel avec sortie, qui pourrait faire penser à un aboutissment plutôt qu’à un départ, c’est bien, selon le gros van Dale, un point de départ, au sens propre et au sens figuré. Au sens figuré, c’est donc point de départ, point de vue, base, principe… Cependant un auteur parlait, à tort ou à raison, de la réalisation de l’uitgangspunt d’une lutte et là il faut admettre que le point de départ serait mieux traduit par quelque chose comme visée.

uithollen

Vider de sa substance. Dans une situation où il fallait un subtantif, j’ai vu érosion.

top, vakbondstop, syndicale top

En français, au figuré, un sommet ça peut-être une conférence au sommet. Ainsi « sommet syndical » fait plutôt penser à une réunion au sommet des directions de deux ou plusieurs syndicats. De fait, la plupart des mentions de « sommet des syndicats » ou de « sommet syndical » dans la presse désignent des réunions syndicales internationales au sommet. Par contre, le sommet du syndicat (un seul) peut désigner, légitimement il me semble, ses hautes sphères, ses instances supérieures, ses instances dirigeantes. La presse française parle parfois du sommet de la CGT et il ne s’agit pas là d’une réunion.

vacature

Le mot vacature n’est pas français. Le plus proche est vacance (c’est la même racine qu’en néerlandais), et le public cultivé le comprendrait (on parle de vacance de poste), mais vu la parenté avec « les vacances », ça peut faire bizarre pour d’autres. La traduction à la fois la plus proche de vacature et compréhensible pour tous est donc

emploi vacant

offre d’emploi

verder

Adverbe très utilisé pour une action. Verder doen, c’est continuer à faire et il y a peu d’adverbes ou d’expressions adverbiales (plus avant ne me satisfait qu’à moitié) qui puissent éviter la forme verbale continuer à. Cependant on peut l’éviter parfois. Ainsi examiner de plus près pour verder bekijken ou étudier plus avant pour verder onderzoeken.

via

C’est en fait le même problème en français qu’en néerlandais : il y a une tendance paresseuse à remplacer toutes les prépositions de moyen : door, metavec, par… par l’unique préposition via. Ce n’est plus une préposition, c’est un tic. En principe, via devrait indiquer un itinéraire inhabituel ou, lorsque deux itinéraires sont également possibles, une précision sur l’itinéraire adopté. Il est légitime d’utiliser via au figuré pour un moyen détourné ; il est incorrect de l’utiliser pour n’importe quel moyen. Donc avec, par, grâce à, par le biais de, à travers, en recourrant à, en passant par, par la voie de, par le chemin de, par l’intermédiaire de.

viral marketing, viral movie

Penser parfois à effet boule de neige.

voorwaarde om iets te kunnen doen

Il ne me semble pas que « condition pour pouvoir faire ceci ou ça » sonne faux, mais je me demande si les kunnen et pouvoir ne sont pas déjà logiquement inclus dans voorwaarde et condition et s’il n’y aurait pas là un pléonasme. Ne devrait-on pas écrire voorwaarde om iets te doen, condition pour faire ceci ou ça ?

vrije markt

Je soulève ici en fait un problème de français indépendant du néerlandais. Je déteste les inversions non justifiées (antéposition sans raison de l’adverbe ou de l’adjectif). Cela me fait penser à l’hypercorrection qu’on peut rencontrer chez certaines personnes qui cherchent, maladroitement, à se montrer plus cultivées qu’elles ne le sont. Cela heurte l’oreille et ça fait pompier. (Il y a aussi des gens d’une grande compétence scientifique qui écrivent mal.) J’ai donc un certain temps préconisé marché libre et corrigé dans ce sens des textes qui passaient entre mes mains. Mais j’ai réalisé qu’en ceci c’est moi qui manquait de culture : qu’il pouvait y avoir dans certaines matières un marché libre qui fait pendant à un marché réglementé (en particulier à la Bourse de Paris et à Euronext, Bruxelles). Il faudrait donc sans doute bien écrire, pour marquer la différence, si laid que ce soit, le libre marché, comme point de doctrine du libéralisme, comme système économique, si ce n’est pas un marché libre, non réglementé.

wel

Penser à cependant

werking

En Belgique l’acception, qui nous intéresse le plus, (et qui est une acception locale), c’est bedrijvigheid, activiteit (exemple : « de werking van een vereniging ») et le van Dale en trois volumes précise : « (verzamelnaam) geheel van activiteiten ». En français ou pourrait le comprendre comme l’ « action » de l’association, où le singulier exprime l’ensemble ou la résultante de toutes les différentes actions, ce qui est bien l’idée du van Dale avec verzamelnaam.

Cependant, il est clair que dans certains milieux l’acception la plus courante de werking est une acception qu’on ne trouve dans aucun dictionnaire : « de afdeling, structuur, ploeg, team, groep (ook mensen dus) die met een bepaalde onderdeel van deze bedrijvigheid, activiteit of geheel van activiteiten bezig is (zijn) ». Voir à ce sujet ma note plus détaillée sur werking.

Contrairement aux autres acceptions où le pluriel est très rare, cette acception sauvage s’utilise massivement au pluriel : werkingen. Parfois, il y a des indications relativement claires (dont le pluriel) qu’il s’agit d’équipes, de groupes, mais dans d’autres cas on est dans l’ambiguïté totale entre l’équipe et son action. Si on est vraiment sûr qu’il s’agit du ziekelijk Nederlands de werking pour les gens et pas leur action, on peut essayer

unité, groupe de travail, équipe, section ; sinon parfois terrain de travail.

Si on est en bons termes avec l’auteur, on peut aussi lui demander de revoir sa copie.

zorg voor

souci de

zorgen voor

veiller à

zwijgen in alle talen

Cette très jolie expression est purement néerlandaise. Ce n’est pas une expression consacrée en français. Si on cherche sur Google "zwijgt in alle talen" on en trouve près de cinq mille. Pour ce qui est de "se tait dans toutes les langues", on n’en trouve qu’environ deux cent cinquante, dont seulement huit en précisant "se tait dans toutes les langues" site:fr et deux avec site:ca. Autrement dit : on ne la trouve que sous la plume (ou le clavier) de Belges contaminés par le néerlandais. (Même des dix occurrences sur sites français et canadiens, la plupart peuvent être des interventions de Belges dans des forums.) L’expression est parlante (même s’il s’agit de se taire), il me semble qu’on peut la comprendre même si on ne la connaissait pas ; on pourrait donc l’utiliser comme image, même si ce n’est pas une expression consacrée. Elle fera peut-être son chemin dans le domaine français ; je trouve qu’elle le mérite.

[1] Je les en remercie. C’est le phénomène décrit en langage populaire par « ça a fait tilt dans mon cerveau » ; populaire du moins chez ceux qui ont connu le trek billard (dit flippeur, ou flipper en franglais ?), à ne pas confondre avec le trekbiljart.

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