Dominique Meeùs
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Alan Sillitoe, En roue libre, 1991

Alan Sillitoe, En roue libre, Messidor, Paris, 1991, 230 pages, ISBN : 2-209-06344-2.
Traduit de Down from the Hill 1984 par Marie-Hélène Sabard.

J’ai eu un peu de peine à entrer dedans. Quelque chose me semblait bizarre. Peut-être la traduction. Mais j’ai fini par m’y mettre et j’ai bien aimé la première partie (170 pages). C’est l’histoire, à la première personne, de six jours de vacances en vélo de Paul Morton, un jeune ouvrier de dix-sept ans, de Nottingham, dans l’immédiat après-guerre, avec quelques rencontres et de longs monologues intérieurs. (Ce pourrait être un frère, cousin ou ami du personnage de la Solitude du coureur de fond.) J’ai moins aimé la deuxième partie (les 50 dernières pages), du personnage, à la troisième personne cette fois, revenant, adulte, sur les lieux une trentaine d’années après. Cela m’a semblé artificiel et inutile, en tout cas moins bon, comme du remplissage.

Au milieu du voyage, il a un peu de jeu dans une pédale parce que la « goupille » n’est plus bien mise. (Tout ceci concerne la fixation traditionnelle des bras de pédalier sur l’axe du pédalier, pour des gens de mon âge. La fixation est différente dans les vélos modernes.) Il me semble que ce n’est pas une goupille parce que la goupille traverse un arbre ce qui n’est pas le cas de l’axe de pédalier. (C’est bien sûr difficile à traduire. Je ne sais pas quel mot Sillitoe avait mis en anglais.) Je vois qu’on dit en français clavette pour une pédale de vélo et son rôle me semble plus correspondre à la notion de clavette qu’à celle de goupille, dans la mesure où, en mécanique, la goupille servirait à empêcher le glissement dans le sens de l’arbre (empêcher de désenfiler de l’arbre), tandis que la clavette servirait à rendre solidaire de la rotation. Mais on voit aussi des images de clavettes qui servent seulement à retenir. Personnellement, j’ai toujours dit une cale. À l’usine aussi, on disait toujours cale pour ce qui est typiquement une clavette. Je calais des engrenages sur un arbre avec une cale. Serait-ce du wallon, un belgicisme, du français de Charleroi ? Non. Il y a un verbe caler dans le sens de mettre d’aplomb avec une cale (www.cnrtl.fr/definition/cale) dont le sens second est d’immobiliser un objet en en interposant un autre. Il n’est donc pas abusif de caler un engrenage. Pour la cale de manivelle d’une pédale de vélo sur l’axe de pédalier, le mot anglais est cotter. Pour la clavette en général, c’est key. La cale d’engrenage, c’est une clavette parallèle de type A, en anglais parallel key. La clavette de pédalier de vélo est au contraire perpendiculaire à l’axe.

Acheté sans doute à Charleroi dans les années 90.
Dominique Meeùs. Date: 2017