Le temps qu’il fait à Bruxelles   Le temps de Bruxelles :

Dominique Meeùs
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Suzanne Van Rokeghem, Jeanne Vercheval-Vervoort et Jacqueline Aubenas, Des femmes dans l’Histoire en Belgique depuis 1830, 2006

Suzanne Van Rokeghem, Jeanne Vercheval-Veroort & Jacqueline Aubenas , Des femmes dans l’Histoire en Belgique depuis 1830, Éditions Luc Pire, Bruxelles, 2006, 304 pages, 22,5 × 27,6 cm, ISBN : 2-87415-523-3.

Beaucoup moins sympathique nous apparaît, par contre, l’approbation qu’elle donne à l’écrasement du printemps de Prague par l’armée soviétique en 1968. Les meilleurs peuvent parfois se tromper.

P. 138, parlant d’Isabelle Blume.

Ça, je trouve vraiment énorme. Les autrices présentent sans les juger, autrement que positivement, des femmes de tous les milieux et de toutes les opinions : des ouvrières et des aristocrates, des catholiques et des socialistes. Dans leur engagement féministe, il y a souvent des compromissions, que les autrices mentionnent de manière neutre, sans les juger. Mais ici, Isabelle Blume a dû toucher un point sensible. Elle a la gloire d’être la seule à laquelle les autrices s’autorisent, sans rire, à faire la morale ! Je les excuserai avec la condescendance dont elles-mêmes usent à l’égard d’Isabelle Blume : que « les meilleures peuvent parfois se tromper ».

— Ah ! non. Soyons justes, Isabelle Blume n’est pas la seule. Dans un équilibre qui n’en est pas un, les autrices déplorent aussi (p. 189) le « faux pas » de Marie Gevers membre de la Chambre des écrivains, section belge de la Société européenne des écrivains créée pendant la guerre par les Allemands pour banaliser la collaboration culturelle1.

Il y a, il me semble, une différence. (Sauf à partager la confusion à la Hannah Arendt entre nazisme et communisme.) Les fréquentations et les publications de Marie Gevers lui ont valu des reproches et une large désapprobation après la guerre, même si elle n’a pas été condamnée. Rien de tel pour Isabelle Blume dont le seul tort est d’avoir une opinion qui ne plaît pas aux autrices.

Reçu des autrices à la présentation du livre à l’Athénée Gatti de Gamond, rue du Marais à Bruxelles, le jeudi 9 novembre 2006.
Notes
1.
On ne connaît pas bien la Société européenne des écrivains et les membres de ses sections nationales. Selon Christophe Dolbeau, « Weimar 1941-1942 : La Société Européenne des Écrivains », sur le site Euro-synergies, forum des résistants européens, la société a grand succès en Belgique avec deux groupes : « Chez les Flamands, la plupart des auteurs nationalistes et “völkisch” — Stijn Streuvels, Felix Timmermans, Filip de Pillecijn, Ferdinand Vercnocke, Emiel Buysse, Ernest Claes, Cyriel Verschaeve, Gerard Walschap, Wies Moens et Antoon Thiry — en font partie, et quant à la Section wallonne et belge de langue française, elle rassemble, entre autres, les romanciers prolétariens Pierre Hubermont et Constant Malva, l’académicienne Marie Gevers, le journaliste Pierre Daye, le traducteur Guillaume Samsoen de Gérard, le régionaliste Joseph Mignolet, le rexiste Lucien Jablou (alias Franz Briel) et même le très curieux Sulev Jacques Kaja. »
Michel B. Fincœur, dans « Aperçu sur l’édition francophone belge sous l’occupation allemande 1940-1944 », Cahiers du Cédic, no 5, décembre 2008, p. 17-32, consulté en ligne, distingue la Section wallonne et belge de langue française (SWBLF) de la Fédération des Artistes wallons et belges d’expression française (FAWBEF).
On trouve un aperçu plus détaillé des rapports de Marie Gevers avec la collaboration dans Bibiane Fréché, « L’actualité de la Première Guerre mondiale après la Seconde », Textyles, 32-33 (2007), p. 89-105, consulté en ligne.