Le temps qu’il fait à Bruxelles   Le temps de Bruxelles :

Dominique Meeùs
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Elena Gianini Belotti, Du côté des petites filles, 1974

Elena Gianini Belotti, Du côté des petites filles (essai) : L’influence des conditionnements sociaux sur la formation du rôle féminin dans la petite enfance , Éditions des femmes, Paris, 1974, 261 pages, ISBN : 2-7210-0008-X et autres.

Dans mon exemplaire, il est marqué au début « première édition mai 1973, deuxième avril 1974 », mais c’est juste avant la référence à Feltrinelli et cela doit viser l’édition italienne parce qu’à la fin il y a : « deuxième édition, 2e trimestre 1975 ». Cela pourrait expliquer que des gens ont pensé que le livre serait de 1973 en français. Le site de la maison d’édition (consulté le 9 juillet 2017) dit « 1974 (édition brochée non disponible) et 1976, édition de poche, 208 p., 8,25 €, EAN 9782721004499 ». L’édition brochée originale est 2-7210-0008-X en 261 pages. La première édition « de poche », en 1976, est 2-7210-0035-7 dans la collection Pour chacune, avec couverture bleue, mais ce que le site propose de 1994 en 208 pages est une nouvelle édition de poche reprenant l’illustration de l’édition de 1974. J’ai repéré différentes éditions :

Édition originale et quelques rééditions
Collection Pour chacune no 2
Édition de poche
Douteuses, chez certains vendeurs d’occasion, mais dans aucune bibliothèque
  • ????, ISBN : 2-7210-0599-5
  • ????, ISBN : 2-7210-1884-1 (faute de frappe pour 0188-4 ?)
Traduit de Dalla parte delle bambine, 1973.

D’autres auteurs déjà avaient fait l’hypothèse que les femmes intègrent la dévalorisation des femmes et que cela influe sur leur comportement de mère. Gianini Belotti fait état d’études montrant que les mères défavorisent leurs filles dans l’allaitement. (Je suppose, d’une part, que cet effet peut se maintenir inconsciemment même chez des femmes qui ont consciemment dépassé cette intégration de la dévalorisation ; d’autre part que cette prise de conscience de plus en plus générale, chez de nombreuses femmes, doit avoir diminué cet effet observé il y a cinquante ans.)

L’allaitement est certainement l’évènement le plus important de la journée d’un nouveau-né, puisqu’il satisfait son besoin le plus impérieux — être nourri — ; cet évènement est chargé d’implications émotives et se répète un grand nombre de fois par jour (5 à 7 fois). Brunet et Lézine rapportent que dans un échantillonnage d’enfants des deux sexes qu’[elles] ont étudiés [7], 34 % des mères « refusaient de nourrir au sein les filles parce qu’elles considéraient cette pratique comme un travail forcé ou parce qu’elles en étaient empêchées pour des raisons de travail mises au premier plan ». Toutes les mères d’enfants mâles, sauf une, avaient au contraire voulu leur donner le sein. Pouvons-nous avancer l’hypothèse que dans les 66 % des cas qui restent où les mères ont allaité leur fille, une partie d’entre elles l’ont fait à contre-cœur ? Nous pouvons bien sûr avancer la même hypothèse pour une partie des 99 % de mères qui ont allaité leur petit garçon ; mais cette adhésion presque plébiscitaire nous donne à supposer que dans la décision d’allaiter ou non un garçon, la mère n’a pas à lutter autant.

P. 38.
[7] Odette Brunet et Irène Lézine, Le développement psychologique de la première enfance, P.U.F., Paris, 1965.

C’est également le conditionnement des femmes, auquel bien peu d’entre elles se soustraient, qui impose qu’on donne au garçon la meilleure part et que la femme, qu’elle soit fille ou épouse, mère aussi bien sûr, a le devoir de se mettre à son service et de ne faillir à aucun de ses devoirs, et cela depuis le début. Les petites filles, au contraire, sont habituées dès l’enfance à « se sacrifier », sinon « comment ferait-elle une fois grande » ; par conséquent, s’il ne leur est pas donné la meilleure part dès la prime enfance, c’est « pour leur bien ».

P. 39

Les petites filles sont le plus souvent sevrées plus tôt que les garçons. Dans la mesure où la mère ne semble pas tirer grand plaisir à les allaiter, pas plus qu’elle ne paraît considérer l’allaitement comme indispensable à une bonne croissance, il est compréhensible qu’elle cesse de le faire en toute tranquillité. Brunet et Lézine déclarent que dans le groupe qu’elles ont eu en observation,

… toutes les petites filles ont été définitivement sevrées à trois mois et l’alimentation mixte a commencé à un mois et demi, alors que 30 % des garçons ont été au contraire allaités au-delà du quatrième mois, et pour 20 % d‘entre eux l‘alimentation mixte a continué jusqu’au huitième mois. On supprime le biberon aux petites filles le douzième mois, en moyenne, le quinzième mois aux garçons. La durée de la tétée est plus longue pour les garçons : à deux mois quarante cinq minutes, vingt cinq minutes pour les filles. Au biberon, huit minutes pour les filles (à six mois) et quinze minutes pour les garçons [8].

[8] Ibid.
P. 40.
Acheté à Charleroi rue du Collège le 30 octobre 1986.